Carolove

La scène aux ados

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La scène aux ados, IThAC, 9ème édition, Eden l Centre culturel de Charleroi

Dans le cadre de la 9ème édition de l’opération La scène aux ados, coordonnée par IThAC, l’Eden organise un festival de quatre spectacles créés par des classes de l’Institut Saint-André de Charleroi, de l’Académie de Courcelles et du Centre scolaire Saint-Joseph Notre-Dame de Jumet.  

Alice perd la mémoire. Plume, sa petite fille, et ses amis ont une idée : recréer un morceau de son passé dans les années 70 en guise de thérapie pour lutter contre des souvenirs perdus. En plongeant dans la vie d’Alice, ses combats, ses amours, sa farouche liberté, le rock and roll, ils vont revisiter une époque : les Seventies. On ne confine pas un mythe.

Véritable récit kaléidoscopique qui nous plonge dans les années 70 avec folie et bonne humeur. Sous les fleurs, le sens : la pièce remet en lumière des faits et des artistes un peu oubliés. Un bel exercice de recherche pour leur redonner vie sur scène, à travers la volonté de Plume et sa bande de secouer la mémoire d’une mamy… qui a bien vécu. De quoi réveiller nos envies de rock, de flower power et de pattes d’éph’ ! Et surtout sans doute, un plaidoyer pour la liberté qui réunit les générations.

Mon idée de départ, c’était de m’amuser avec les seventies. Que les ados prennent du plaisir à revisiter cette époque, sa musique, ses looks. Et puis c’est devenu plus politique. En explorant la période – celle de ma petite enfance en fait -, j’ai mesuré la modernité des luttes. L’écologie, le féminisme, l’anticapitalisme, tout était déjà là, brillamment exprimé. C’est ainsi que le personnage d’Alice est apparu dans l’écriture : une grand-mère qui a 70 ans aujourd’hui mais qui a eu 20 ans un jour. Une femme très libre, divorcée, une rebelle hippie qui a frayé avec les stars du rock. Féministe, insoumise, elle me permet de montrer qu’à chaque génération, certaines personnes essaient de faire bouger les choses. Les combats d’hier sont utiles aujourd’hui. Pour l’écologie, je trouve qu’on a même régressé. Une partie de la société prenait ces « lanceurs d’alerte » pour des illuminés. Mais les a-t-on écoutés ? Et nous, quelles sont nos utopies ? Quelles sont les utopies des jeunes générations ?

Stéphane Hervé

De Stéphane Hervé
Centre scolaire Saint-Joseph Notre-Dame de Jumet – 6SSE1
Mise en scène Amandine Deprez

La vie de château, ce n’est pas ce qu’on croit. Surtout pour des personnages de théâtre enfermés là parce que plus personne ne les convoque sur scène. De la buanderie à la bulle à verre, on découvre celles et ceux qui espèrent ou se désespèrent, qui rêvent d’évasion ou de changer de rôles. Huis clos ludique ou allégorie de nos vies confinées ?

Un huis clos pétillant dans un château aux allures de coulisses théâtrales… L’idée de base : placer des personnages du « répertoire » une peu oubliés dans une sorte d’antichambre, de « loft » où ils attendent patiemment d’être rappelés à la scène. Une opportunité pour se pencher sur leur véritable « rôle » dans les pièces où ils sont nés. Une véritable machine à jouer, qui dépoussière avec joie et humour les classiques du théâtre. 

Il y a quelques années, j’animais un atelier théâtre pour des seniors à Ixelles. Pour les dix ans de cet atelier, les acteurs amateurs m’ont dit qu’ils avaient envie de réincarner tous les personnages qu’ils avaient joués au fil du temps… C’est comme ça que j’ai conçu « L’armoire » : une sorte d’antichambre où se pressaient tous les personnages en attente de revenir sur scène. Je dois dire qu’on s’est beaucoup amusé ! L’idée était très jouante. Je l’ai toujours gardée dans un coin de ma  tête… et elle m’a semblé toute indiquée pour un nouveau projet d’ateliers amateurs, avec des jeunes. On pourrait croire que l’enfermement des personnages, privés de théâtre en quelque sorte, est lié au confinement. Le texte fait un peu allusion à la situation, mais ce n’est pas du tout cela qui l’a inspiré. Le vrai moteur, c’est une grande envie de m’amuser avec les personnages de théâtre. D’imaginer, par exemple; que Perdican et Dom Juan sont ensemble, en coulisses. Tout part de la notion de plaisir et de jeu.

Didier Poiteaux

De Didier Poiteaux
Académie de Courcelles
Mise en scène Maïté Saint-Hubert

1955, en amont de Léopoldville, un bateau remonte le fleuve. A son bord, un piano. C’est ce piano, revenu du Congo belge avec ses grands-parents, que Myriam décide de vendre aujourd’hui. Mais ce ne sera pas si facile : au plus profond de l’instrument résonnent des secrets de famille auxquels il faudra bien tendre l’oreille.

Un texte taillé sur mesure pour qui aime l’Histoire, la poésie théâtrale, les secrets de famille et un brin d’humour ! Sous ses dehors ludiques, le texte est une plongée dans les souvenirs douloureux de la colonisation, présentés tout en nuances et en propos feutrés. Des rapports « maître/serviteur » rarement évoqués avec autant de finesse et de sensibilité. De beaux défis de mise en scène et de jeu à tous les âges. Quand les histoires de famille font ressurgir la Grande Histoire, les petites mélodies se mélangent alors aux grands espaces.

Il y a énormément d’émotions qui résonnent dans un piano. Il y a quelques années, je cherchais à en acheter un d’occasion. Après avoir épluché les petites annonces, je me suis retrouvé chez les gens (ce n’est pas le genre de chose qui se vend sur un parking). Il y a des photos sur le piano. Il est souvent dans le salon… Immanquablement, les gens te racontent leur histoire. J’ai réalisé qu’acheter un piano, c’est surtout acheter un morceau de vie. « Ma tante était virtuose », « Papa chantait si bien ! », « Mon cousin jouait beaucoup mieux que moi » … Amour, tristesse, déception, rancoeur : le piano est bourré de souvenirs familiaux, comme si cette caisse de résonance captait tous les non-dits, tous les silences. Comme moteur d’écriture, c’est une bonne faon de cristalliser les histoires de famille. Je cherchais à ce qu’il y ait des secrets plus compliqués, plus lourds, dans le piano, et j’ai croisé ce principe avec l’histoire de la décolonisation au Congo. En me renseignant, j’ai d’ailleurs découvert qu’au siècle dernier, il y a avait un fabricant liégeois qui était « fournisseur officiel du Congo belge ».

François Salmon

De François Salmon
Institut Saint-André de Charleroi – 5ème et 6ème Art et Expression
Mise en scène Maïté Saint-Hubert

Un zoning désaffecté, une forêt sauvage et, entre les deux, une friterie où vivent sept enfants abandonnés. Le dernier, Ulf, ne se laisse pas marcher sur les pieds. Face à la dictature fraternelle, il fuit dans la forêt où un ours zone. Il est dangereux, dit-on. Mais Ulf s’en moque. Il va donc suivre le chemin de l’ours, sombre et tortueux.

Un texte ludique, un parcours initiatique où les ours cuisinent des hamburgers et où un petit garçon ose braver la sombre forêt ! Très ouverte, cette proposition laisse beaucoup de place à la créativité. L’histoire de Ulf et de sa famille, étrange et captivante, est emballante à mettre en scène et à jouer, au vu de l’ambiguïté (amusante) des situations et des personnages. Une fratrie, une friterie, un ours, des chasseurs et tout un bestiaire insolite et poétique pour créer un univers à la frontière de la fable et de l’enchantement.

C’est vrai qu’il y a longtemps, les ours et les humains formaient une seule espèce ? C’est ce qu’on dit ! En tout cas, ce que j’entends au fond de la forêt ! Quand on met de côté son esprit rationaliste, on perçoit d’autres liens entre les éléments. La forêt réalise la symbiose entre les êtres, végétaux, animaux et humains, par la coopération ou le conflit. Au fil de l’histoire humaine, l’ours a occupé une place spéciale. C’est un plantigrade, comme nous. Quand il se met debout, un étrange reflet se fait avec l’humain. L’historien Michel Pastoureau, spécialiste des animaux et des symboles, nous rappelle que naguère, les rois, pour être reconnus, devaient tuer un ours. L’homme voyait l’ours comme un équivalent sauvage. Avant le lion, il était le roi des animaux. C’est l’Eglise qui l’a détrôné. Elle a préféré le lion car l’ours attirait l’homme et entraînait des fêtes païennes violentes. Dans ma pièce, le lien qu’Ulf, le cadet de la famille, entretient avec l’ours est beaucoup plus positif ! Il sent une connexion, il a envie d’apprendre de lui. Nous avons tous à gagner à nous laisser modifier par la nature !

Céline Lefèbvre

De Céline Lefèbvre
Centre scolaire Saint-Joseph Notre-Dame de Jumet – 6SSE2
Mise en scène Noé

MAI
03➔ 04
19:00

Gratuit
(sur inscription) 

Centre Culturel de Charleroi
Boulevard Jacques Bertrand 1
6000 Charleroi

MA 03.05 - 19:00

  • #70's de Stéphane Hervé
  • Sortir, peut-être ? de Didier Poiteaux

ME 04.05 - 19:00

  • Le piano du Congo de François Salmon
  • Ulf, l'ours, la friterie, la forêt de Céline Lefèbvre

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