La Walbanie, j’en suis baba

Et si vous emmeniez vos petits à un spectacle « kids friendly » ?

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Développer l’ouverture sur le monde, travailler l’imaginaire, apprivoiser les peurs et les émotions… Le théâtre pour enfants, ça ne rigole pas !

Ce matin-là, à l’Eden, régnait une ambiance un peu particulière devant la porte menant à la salle de spectacle. Le public trépignait, pleurnichait, criait, sautait, se tenait par la main et ouvrait grand les écoutilles, ne sachant pas trop à quelle sauce il allait être mangé. La moyenne d’âge oscillait entre 5 et 6 ans, l’âge parfait pour découvrir le « pestacle » du jour : « Petites histoires grrrochonnes » du Théâtre des 4 Mains.

Un public démonstratif

Confortablement installés dans le salon de Maggie et Claude Grrrochons, les enfants ne perdent pas une miette de l’histoire qui se joue pendant près d’une heure devant eux. C’est un public particulier, spontané et démonstratif. Les tout petits ne connaissent pas les codes du théâtre. Chez eux, pas d’autocensure, pas de conformisme, ils apostrophent les comédiens, montrent du doigt, rient de bon cœur, tapent du pied, se réfugient dans les bras de leurs instits, applaudissent à tout rompre, au gré des émotions qu’ils éprouvent durant le spectacle.

S’amuser ensemble

« Ah, c’est certain que si ça ne leur plaît pas, on le saura, sourient Laetitia Salsano et Nicolas Legrain, les comédiens de Petites histoires grrrochonnes. Les 3–6 ans, tranche d’âge à laquelle est destiné ce spectacle, c’est le plus beau public mais aussi le plus difficile car on peut vite capter leur attention et tout aussi vite la perdre… Le message qu’on essaie de faire passer aux enfants, c’est que les comédiens peuvent tout faire sur scène et qu’on va s’amuser ensemble. On les interpelle régulièrement pour les rendre partenaires du spectacle. On cherche à leur donner la possibilité de rêver, de développer leur imaginaire, d’accéder à la poésie, d’être des enfants. »

Se laisser surprendre

Les spectacles jeune public sont souvent l’occasion pour les kids d’apprivoiser leurs peurs et leurs émotions. À travers les thématiques abordées, bien sûr. Mais aussi à travers leur expérience de spectateur : il leur faut s’asseoir dans le noir, à côté parfois d’inconnus, et accepter de se laisser surprendre. « Si on joue dans un centre culturel et pas dans une école, c’est pour donner aux enfants le goût d’aller à la rencontre de l’autre, du monde et de la culture, commente Laetitia Salsano. Pour les petits de maternelle, se déplacer de l’école au théâtre, c’est déjà toute une aventure. »

Vivre des émotions

Benoit de Leu de Cecil, comédien et directeur artistique du Théâtre des 4 Mains, ajoute : « Seulement un enfant sur quatre, en Fédération Wallonie-Bruxelles, a accès au théâtre dans le cadre scolaire* ; ce n’est pas une activité obligatoire. Pourtant, c’est si merveilleux de réunir une centaine d’enfants et d’adultes pour passer ensemble un bon moment, en faisant appel à leurs sens, à leurs émotions et à leur humanité. On vient surtout pour ça au théâtre, pour vivre des émotions. »

Développer le langage

« En tant qu’enseignante, mon objectif, c’est aussi de montrer à mes élèves que le théâtre existe et qu’on peut construire, en classe, des petites scénettes que l’on jouera devant les autres classes ou devant les parents, confie Magali Staffe, institutrice de troisième maternelle à l’école des Fougères à Montigny-le-Tilleul, qui a emmené ses élèves à L’Eden assister à une représentation de Petites histoires grrrochonnes. Le théâtre nous aide à développer le langage, c’est hyper important en maternelle. »

Une kyrielle d’activités

C’est aussi l’occasion, pour l’institutrice, de réfléchir à quelques activités qu’elle pourrait entreprendre avec ses élèves en résonance avec le spectacle qu’ils viennent de découvrir. « Sachant que certains petits vont davantage oser prendre la parole devant une marionnette, on pourrait en fabriquer avec des têtes de cochon et laisser les enfants jouer librement avec elles afin de développer leur imaginaire. Puis, pourquoi ne pas faire intervenir des petites comptines comme activité musicale ? Ou inventer une autre histoire à partir des personnages et de leurs caractéristiques ? On pourrait aussi travailler sur la structuration du temps, en demandant aux enfants de reclasser dans l’ordre chronologique des photos prises durant le spectacle. Ou s’intéresser au thème du loup par la lecture de plein de livres ». Bref, les idées ne manquent pas et pour ces élèves, visiblement, le rideau tombé, l’histoire ne fait que commencer…

*Statistique confirmée par la Chambre des Théâtres pour l’Enfance et la Jeunesse (https://ctej.be). À l’Eden, quelques 8.000 enfants ont assisté, en 2016, à des spectacles Jeune public ; soit 35% des 23.000 enfants de 3 à 12 ans que compte Charleroi.

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Et si vous emmeniez vos petits à un spectacle « kids friendly » ? @Blog Eden Charleroi

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