Il est temps de passer la deuxième

Un triptyque, c’est fantastique !

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S’emparer des trois arches de l’Eden pour y questionner l’enfer et le paradis… Le peintre et collagiste Robert Suermondt est le sixième artiste à se prêter au jeu. Le résultat est à découvrir toute cette saison dans la brasserie.

Approche pluridisciplinaire

« L’idée du triptyque est née d’une contrainte, révèle Fabrice Laurent, le directeur de l’Eden. Quand on a rénové la brasserie en 2012, on a décroché les panneaux acoustiques fixés au plafond afin de le mettre en valeur. Il fallait donc trouver un autre endroit où les installer. Le mur du fond s’imposait mais esthétiquement, ça ne tenait pas la route. D’où l’idée de masquer ces panneaux par un triptyque qui nous permettrait, par ailleurs, de réaffirmer la dimension pluridisciplinaire du lieu et notre intention d’accorder une place aux arts visuels dans notre projet. On revendique que le paradis, c’est ici. N’est-ce pas une bonne approche d’inviter des artistes contemporains à réinterpréter la forme la plus classique de l’histoire de l’art dans un espace hautement symbolique, trois arches dans l’Eden ? »

 

Triptyque de Marie-Noëlle Dailly - saison 2015-2016 @Eden Charleroi

Installation du triptyque de Marie-Noëlle Dailly – saison 2015-2016 @Eden Charleroi

Art visuel et contextuel

Le cahier des charges du triptyque ? Proposer de l’art contextuel, c’est-à-dire une installation qui fasse sens dans le lieu, par rapport au bâtiment, à Charleroi, à cette forme d’art. Jérôme Considérant a été le premier artiste à exposer sur ce support. « Quand on a rénové la brasserie, en misant sur une déco épurée, noire et blanche, on s’est demandé comment on allait s’y prendre avec les pictogrammes, confie le maître des lieux. Le premier triptyque, trois pictogrammes colorés, faisait notamment référence à cette réflexion. Celui de l’hennuyère Sara Conti, deuxième artiste à s’être plié à l’exercice, connue pour ses matriochkas qui ont d’ailleurs habillé les murs extérieurs de la brasserie, évoquait sa vision du paradis terrestre et spirituel. »

Réinterpréter les symboles

La saison 2014–2015, la brasserie accueillait une œuvre panoramique, réalisée par le peintre carolo Pierre Lefebvre. Un triptyque inspiré, cette fois, par l’idée du voyage, de la découverte. Vous ne vous souvenez pas de cette DS tractant une caravane ? « Ensuite, la photographe Marie-Noëlle Dailly s’est intéressée au jardin d’Eden, continue Fabrice Laurent. Elle s’est rendue à Gembloux, au Centre wallon de recherches agronomiques, pour y capturer la nature travaillée par l’homme et les éléments. Trois photos couleurs ! Contrairement à celles du cinquième artiste, Patrick Everaert, qui rappelaient les symboles religieux. L’image du corps en suspension faisait, en effet, songer au tableau de Andrea Mantegna, la lamentation sur le Christ mort. »

 

Triptyque @Eden Charleroi

Triptyque de Patrick Everaert – saison 2016-2017 @Eden Charleroi

Dialoguer avec l’œuvre

Cette saison, en partenariat avec la Galerie Incise, l’Eden a proposé au peintre et collagiste Robert Suermondt d’investir la brasserie. « Un lieu de plaisir partagé, un lieu où l’on vient se nourrir dans tous les sens du terme, commente l’artiste. Ça me plait que mon travail y soit exposé… On sort du cadre habituel d’une expo. Et j’aime ça, moi, être hors cadre. Un centre culturel comme l’Eden n’est pas un lieu uniquement assigné à l’art, il entretient de nombreuses interactions avec la population. » Et le directeur de l’Eden d’ajouter : « Les gens qui viennent à la brasserie sont de passage dans le centre culturel pour une activité ou pour y manger, ils ne viennent pas voir une expo. Il n’empêche que tôt ou tard, leur regard va se poser sur le triptyque. C’est essentiel qu’ils puissent engager un dialogue avec lui, le découvrir sous de nouveaux angles au gré de leurs visites. »

 

Triptyque de Robert Suermondt - saison 2017-2018 @Eden Charleroi

Triptyque de Robert Suermondt – saison 2017-2018 @Eden Charleroi

Objets visuels non identifiés

Un avis que partage Robert Suermondt : « Ces images ont été conçues pour durer, à l’instar d’une relation intime et subjective évoluant selon les humeurs, les moments. Pour paraphraser le psychanalyste Lacan, un tableau est un piège à regards. Mon intervention pose la question de ce que l’on voit. Des photos ? Des toiles ? Je dirais un lieu d’entre-deux, aux espaces improbables, mais où l’on tente quand même de prendre pied. Je ne cherche pas à transmettre un quelconque enseignement. Tout au plus, à cette idée que le paradis, il n’y en a qu’un, je propose trois images que je nomme trois Eden, en écho aux trois monothéismes. Les larges cadres colorés ajoutent une température singulière à chacune de ces images, les contiennent et conditionnent leur vision ». Des images que chacun interprétera, donc, selon ses références et sa sensibilité. Pour savoir ce que ce triptyque vous évoque, un arrêt à la brasserie s’impose.

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Pourquoi c’est toujours une bonne idée de venir à l’Eden ?

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