Qui fait le malin tombe dans le ravin

Samedi, c’est Block Party !

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Ce 9 septembre, rendez-vous dès 14 heures sur la place Verte à Charleroi. Au programme ? Du roller, du skate, de la danse, du DJing, du BMX et plein d’autres pratiques urbaines auxquelles se frotter.

S’approprier la cité

« Les pratiques urbaines, c’est une manière de (re)découvrir la ville par le prisme de sa pratique sportive ou artistique, confie le sociologue Vincent Lorge, président de l’asbl Roll & Ride qui se produira lors de la Block Party, organisée par l’Eden dans le cadre des Fêtes de Wallonie. Ce qui va nous différencier d’un club de roller basé à New York ou à Djakarta, c’est notre implantation. Nous sommes influencés par l’histoire de Charleroi, son passé industriel, sa mutation urbaine qui nous offre un fantastique terrain de jeu. Avec les travaux de redéploiement de la ville, on découvre sans cesse plein de nouveaux spots. Un revêtement qui change par-ci, des marches ajoutées par-là… Avec nos rollers, quand on explore les espaces cachés sous le Ring de Charleroi, les surfaces planes et les plans inclinés où l’on ne va jamais quand on est automobiliste, on s’amuse bien sûr. Mais, en même temps, on développe un attachement pour notre cité. Et j’imagine que quand un graffeur s’exprime sur un mur, ce n’est pas seulement une démarche artistique, c’est aussi une manière pour lui de s’approprier l’espace urbain et d’habiter la ville. »

Des talents carolos

Derrière la Block Party, il y a l’objectif de faire découvrir au grand public un large panel d’initiatives urbaines présentes à Charleroi : de la danse au skate, en passant par le BMX, le roller, le rap, le street workout, l’open mic, le DJing, etc. À la fois pour donner un coup de projecteur à ces disciplines et leur attirer peut-être de nouveaux adeptes. Mais aussi pour montrer que ces pratiques sont bien plus que des activités de divertissement et de loisir. « Mettre en valeur ces talents au cours d’un événement comme les Fêtes de Wallonie est éminemment porteur de sens, explique Fabrice Laurent, directeur de l’Eden. C’est une manière de souligner que les pratiques urbaines reflètent les cultures populaires d’après la mondialisation – aujourd’hui, les jeunes qui prennent des cours de guitare sont minoritaires par rapport à ceux qui font de la danse hip-hop. Les pratiques urbaines font clairement partie de l’identité wallonne et de l’identité carolo. »

Rassembler les énergies

La Block Party, c’est aussi l’occasion de rappeler que la ville appartient à tout le monde et que chacun peut y prendre sa place, en s’adonnant notamment à ces pratiques urbaines. « Les activités citoyennes, sportives ou artistiques créent du lien, de la reconnaissance, de la « co-intégration », commente Marco Martiniello, professeur de sociologie des migrations à l’Université de Liège et directeur de recherche au FNRS. À travers la participation culturelle, on fait de la participation sociale. Mais les arts, la culture, le sport, peuvent aussi devenir des véhicules d’exclusion, de violence et de haine. C’est là que le rôle des opérateurs culturels, comme l’Eden, est crucial. Pour jeter des ponts entre les citoyens, les quartiers, les cultures, les catégories sociales, les orientations sexuelles… Pour rassembler les énergies et renforcer le sentiment d’appartenance à un territoire. Pour reconnaître l’importance de vivre et faire ensemble dans une ville en mouvement. »

 

Aller plus loin

Participer à la Block Party, l’évènement incontournable des Fêtes de Wallonie 2017

 

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